25-11-2020 Niels Rouvrois

Le secteur prend-il assez de mesures pour lutter contre le changement climatique ?

Dans chaque numéro, BBM pose une question brûlante à plusieurs acteurs du secteur de la construction. Cette fois-ci  : Le secteur de la construction en général et les entrepreneurs en particulier prennent-ils suffisamment de mesures pour lutter contre le changement climatique ?

Mieke Vandenbroucke
Collaboratrice contenu

VIBE

La production de déchets générée par le secteur de la construction ne cesse d’augmenter, malgré toutes les belles promesses circulaires. 

La prise de conscience augmente, aussi sur le plan de l’impact des matériaux et de la construction circulaire. Jusqu’à présent, cela n’apporte cependant que peu de changements décisifs ou systémiques. Ceux-ci sont pourtant indispensables pour affronter l’énorme défi climatique. La production de déchets générée par le secteur de la construction ne cesse d’augmenter, malgré toutes les belles promesses circulaires. Et nous poursuivons l’artificialisation des sols. De nombreuses entreprises de construction font preuve de frilosité, ce qui est compréhensible. Pourtant, des opportunités existent pour mener des initiatives impactantes grâce à de nouveaux modèles d’affaires (circulaires), par exemple en exploitant la valeur résiduelle de matériaux réutilisables ou en allongeant la durée de vie des bâtiments et des matériaux. De nombreux acteurs attendent des décisions politiques. Il est évidemment beaucoup plus intéressant de faire la course en tête dès maintenant en développant/appliquant des pratiques durables qui apportent une plus-value pour l’être humain et l’environnement, mais aussi pour sa propre entreprise.

 

Steven Vanden Brande
Manager strategic business development

Durabrik

Des progrès énormes ont été réalisés en matière de performance énergétique depuis la réglementation PEB.

Ma réponse est double.
D’une part, nous pouvons affirmer que le secteur de la construction a globalement fourni de très gros efforts ces dernières années. Des progrès énormes ont été réalisés en matière de performance énergétique depuis la réglementation PEB. Et ce principalement en construction neuve. Le niveau E moyen pour les constructions neuves est même inférieur à la norme légale. Le marché compte aussi des entreprises de pointe – parmi lesquelles Durabrik – qui endossent volontairement le rôle de précurseur en durabilité, afin de maintenir le sense of urgency de la problématique du climat tout en haut de l’agenda.

Mais, d’autre part, il y a encore énormément de travail, le caractère traditionnel et la longue vie des bâtiments jouant en défaveur
du monde de la construction. Le secteur et les pouvoirs publics doivent ainsi mettre en oeuvre des mesures accélératrices afin d’activer durablement le passif social des habitations et méthodes de construction existantes.

 

Eddy Muyldermans
Directeur général

ACO

La construction comptant parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, il est logique que nous soyons également parmi les plus importants contributeurs à une solution.

Je pense que le chemin à parcourir est encore long, et que l’on peut mieux faire. Mais je constate qu’une évolution dans le bon sens est en cours en Belgique. De nombreuses entreprises se sont emparéesde la problématique. Prendre conscience est une chose, mais poser des actes dans ce sens demande du courage et de la détermination, afin d’entreprendre autrement et éventuellement de modifier fondamentalement les modèles d’affaires.
Je vois malgré tout ici aussi une évolution. Je constate que de nombreuses entreprises du secteur de la construction réalisent qu’elles aussi portent une grande responsabilité et s’organisent pour réduire leurs émissions de CO2, ce qui est une très bonne chose.
La construction comptant parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, il est logique que nous soyons également parmi les plus importants contributeurs à une solution. Le défi majeur pour les entreprises de construction aujourd’hui est de réussir la transition vers l’économie circulaire, qui représente l’avenir de l’industrie du bâtiment et permettra d’alléger la pression sur l’environnement et le climat.

 

Dirk Ceyssens
CEO

Group Ceyssens

En plus du flux de déchets, la conscientisation au quotidien des travailleurs joue un rôle crucial.

Dans le cadre du changement climatique en cours et de notre politique en la matière, le secteur de la construction a un rôle important à jouer dans la réduction de l’empreinte écologique des bâtiments. Un développement durable et des sources d’énergie renouvelables sont des éléments déterminants qu’il est aujourd’hui impossible d’ignorer. En tant qu’entreprise, Group Ceyssens est neutre en énergie, mais ne le doit pas uniquement au remarquable pouvoir isolant du verre ni aux bâtiments. Des panneaux solaires sur notre site génèrent environ 1,3 mégawatts d’électricité pour notre propre usage, plus précisément pour la production, les bureaux et la maison témoin. Nous sommes ainsi le seul verrier au Benelux à produire du verre isolant avec de l’électricité autoproduite à 100 %. Nous avons aussi démarré la transformation verte de notre parc automobile, tant avec des véhicules électriques que des hybrides plug-in. En plus du flux de déchets, la conscientisation au quotidien des travailleurs joue un rôle crucial. Nous avons mis au point en interne un plan de recyclage, qui est scrupuleusement suivi.

 

Brigitte Mouligneau
Manager transition Economie Circulaire

Vlaanderen Circulair

Pour atteindre les objectifs climatiques, le rythme de renouvellement de notre parc immobilier – par construction neuve ou par rénovation – doit être multiplié par 3.

Pour atteindre les objectifs climatiques, le rythme de renouvellement de notre parc immobilier – par construction neuve ou par rénovation – doit être multiplié par 3. Les émissions de CO2 d’un bâtiment ne sont pas dues uniquement à sa consommation d’énergie pour le chauffage/refroidissement. Du CO2 est émis également lors de la production des matériaux de construction. Rendre une habitation énergétiquement performante, mais aussi construire en pensant aux matériaux, fait économiser du CO2. OVAM a développé un outil (TOTEM) grâce auquel les professionnels de la construction peuvent identifier cet impact ‘caché’ sur l’environnement et le minimaliser tout au long du cycle de vie. Les maîtres d’ouvrage peuvent en outre faire concevoir et construire en fonction d’un démantèlement aisé. Les éléments pourront ainsi être réutilisés au maximum ou recyclés de manière adéquate, ce qui fera épargner encore plus de CO2. Aujourd’hui déjà, le secteur peut déconstruire intelligemment d’anciens bâtiment en séparant différents flux de matériaux dans le but de les réutiliser ou de les recycler. C’est également la meilleure garantie pour une élimination sûre de matières dangereuses comme l’amiante. Une telle gestion circulaire des matériaux demande encore énormément d’efforts de la part du secteur de la construction afin d’intégrer ces nouvelles pratiques.
OVAM et Vlaanderen Circulair sont là pour le soutenir : financièrement, par l’échange de connaissances, par une réglementation appropriée et en fournissant des outils comme TOTEM.


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